BELGIQUE : le Conseil Supérieur de la Santé élabore un avis sur le burn out

21/11/17Imprimer

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Le burnout a la particularité de ne pas être inscrit dans les classifications et de ne pas encore avoir de critères diagnostiques officiels, mais doit être appréhendé autant par le monde médical que professionnel. Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) a donc décidé d’élaborer un avis qui vise à mieux définir la notion de burnout, donner des recommandations pour sa prévention, son évaluation et sa prise en charge.

Pour prévenir le burnout, le CSS recommande d’abord de réfléchir à un changement dans le modèle de société (modèle de la performance), auquel le burnout est largement lié. Il faudrait une organisation du travail plus "soutenable", qui se recentrerait sur la qualité du travail et renforcerait la perspective du parcours de vie des individus.

La prévention (primaire, secondaire et tertiaire) du burnout passe par ailleurs principalement par des interventions au niveau de l’organisation.

Pour détecter de manière précoce les situations à risque et adapter les stratégies de prévention, le médecin du travail et le conseiller en prévention pour les aspects psychosociaux peuvent s’appuyer sur plusieurs signaux collectifs (absentéisme, turnover etc.) et individuels (fatigue, difficultés de concentration etc.).

Les conditions de travail doivent être améliorées en agissant sur les ressources (soutien social, variété des tâches, reconnaissance, etc.) et les contraintes (charge de travail, conflits de rôle, interférences avec la vie privée, etc.) dont le déséquilibre peut mener au burnout.

Lles organisations peuvent aussi mettre en place des actions auprès des individus, pour développer leurs compétences et aptitudes. Vu l’absence de critère diagnostique officiellement reconnu, le diagnostic du burnout se fait par exclusion d’autres pathologies physiques et psychiques (notamment la dépression), sur base d’un entretien clinique (anamnèse, observation des symptômes) et, éventuellement d’instruments de mesure. Il n’existe cependant actuellement pas d’instrument validé permettant d’établir le diagnostic. La littérature a également montré qu’il n’y avait pas de biomarqueur du burnout.

Le traitement du burnout passe quant à lui le plus souvent par un arrêt de travail, dont la durée dépendra de l’état de santé du travailleur. Il comporte trois étapes : la crise, la phase d’identification des solutions, et la phase de l’application des solutions. La prise en charge, non médicamenteuse, visera, par des interventions psychothérapeutiques, la réduction des symptômes et la réinsertion professionnelle. Le retour au travail doit quant à lui être progressif et préparé, avec une adaptation du milieu professionnel et un dispositif d’accompagnement personnalisé et transparent.

Le diagnostic et l’accompagnement doivent se faire par un ou des professionnels de la santé formés à cet effet (en-dehors du milieu professionnel), c’est-à-dire possédant une expertise clinique couplée à une connaissance du milieu du travail (clinique du travail et psychologie clinique). Les compétences de ce professionnel sont définies dans l’avis.

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